Gwen
- Elle a
du cran cette gamine. Déclara
Félix.
- Et
alors? Ce n’est pas du tout un défaut.
Répliquais-je en le défiant du
regard.
- Simple
constatation. Dit-il.
Nos visages n’étaient plus qu’à
quelques centimètres. Si proche, que si je me mettais sur la
pointe des pieds, nos lèvres allaient se
toucher.
- Comme je
l’ai dit, je veux mon argent. Répétais-je. Je
n’ai pas fait tout ça pour
rien.
La femme qui me servait de mère se mit à
rire d’un rire jaune.
- On le
sait bien Gwen! Dit-elle d’un ton moquant et pervers. Si tu
fais tout ça, c’est pour venger les gens que tu aimes
alors tu te pratiques à tuer. Tout ça est ridicule.
Ton autre travail ne te suffit pas? Tu as besoin de plus
d’argent encore? Pauvre petite. J’en ai presque la
larme à l’œil.
- Tais-toi
Angela. Dit Félix sur un ton froid. Tu seras payé
demain Gwen.
Je l’ai frappé au ventre avant de prendre
mon revolver et de lui tirer dessus. J’ai ensuite tiré
sur les deux hommes qui l’accompagnaient mais Angela est
partie trop tôt pour que je ne puisse l’atteindre.
J’ai fouillé dans le manteau de Félix et
j’ai pris une grande enveloppe avec plusieurs billets de cent
à l’intérieur. Je me suis relevé et je
suis parti calmement en rangeant mon arme et en vérifiant si
je n’avais pas de sang sur moi. J’ai pris les gants que
j’avais utilisés et j’ai sorti un briquet pour
les brûler. Je les ai jeté dans la poubelle de la
ruelle et je me suis dirigé vers mon appartement. J’ai
ouvert la porte et j’ai vu une ombre sur le sofa. J’ai
poussé un petit cri de
sursaut.
- Je te
fais peur maintenant?
Malgré moi, j’ai poussé un soupir de
soulagement.
-
Qu’est-ce que tu fais ici? Lui
demandais-je.
- Ah, je
suis seulement venu avec un film loué qu’on
était censé regarder ensemble mais ça a
dû te sortir de
l’esprit.
Je me suis mordu la lèvre. J’avais
peut-être oublié ce
détail.
-
Désolé Cameron…j’étais avec un
client. Mentis-je pour la millième
fois.
- Et
alors? Quand est-ce que tu vas arrêter ce travail stupide
Gwen!?! Me lança-t-il.
J’ai poussé un long soupir et je me suis
pris un joint qui traînait sur une table pour finalement
l’allumer et je déposer sur mes
lèvres.
- Coucher
avec des hommes en échange d’argent Gwen. C’est
tout ce que tu fais. Dit-il sur un ton
neutre.
- Et
alors? Tu as 24 ans, tu es marié, mais cela ne
t’empêche pas de coucher avec
moi.
Il me regarda pendant plusieurs
secondes.
- Je vais
rentrer. Finit-il par
déclarer.
Je n’ai pas répondu et il est sorti
lourdement de l’appartement. Je porté encore une fois
le joint à ma bouche.
- Ils vont
tous payer leurs morts. Tous. Aucun ne m’échappera.
Murmurais-je pour moi-même.
Plus personne. Il ne me reste plus personne. Les paroles
d’une chanson me reviennent à
l’esprit.
Now that you understand there’s no one
around.
Take a breath, just take a
seat.
You’re falling apart and tearing at the
seems.
Heaven forbid you end up alone, you don’t know
why.
Hold on tight, wait for tomorrow, you’ll be
alright.
Le paradis interdit. Le téléphone sonne et
me tire brusquement de mes pensées. Je me traîne vers
celui-ci et je décroche.
-
Allo?
-
Gwen?
- Oui, qui
est-ce?
-
J’aurais besoin de vos
services.
-
Lesquels?
- Les deux
pourquoi pas? Venez au 3456 rue des remparts, demain à 19h.
Ça vous va?
- Parfait
à demain. Répondis-je avant de raccrocher
brusquement.
Les deux pourquoi pas… J’étais
vraiment rendu un objet. Un vulgaire objet. J’ai
poussé un long soupir avant de me pencher pour aller
regarder une photo de Cameron et moi à 17 ans. Un souvenir
me revient à l’esprit.
Tuer Nina. C’est tout ce qu’on doit faire
Cameron et moi. On a 17 ans, on s’aime et on
s’apprête à tuer la femme qui a
gâché nos vies. À tous. Nina doit payer.
J’ai entraîné Cameron là-dedans.
Maintenant, on se fait poursuivre par la police. Je cours, je
cours… Mais pour aller où en fait? J’entends le
galop des cheveux de la police montée qui se rapproche de
plus en plus. À chaque pas je manque de trébucher
dans mes lacets mouillés mais je n’ai pas le temps de
les attaché. Je pense à Cameron. Je pense encore et
toujours à Cameron. Il faut qu’il s’en sorte. Il
le faut. Je pense à James. Si seulement il pouvait
être là et que je pourrais pleurer dans ses bras comme
quand je n’étais encore qu’une enfant. Je pense
à Nina. Tout est sa faute. Tout. Toutes les personnes que
j’ai perdues c’est de sa faute. Et maintenant, elle
allait me faire perdre Cameron. Parce qu’elle en avait pas eu
assez. Parce qu’elle allait jamais en avoir assez. Je pense
à Lyli. Je commence à pleurer mais je ne sens pas la
différence à cause de la pluie. Je cours, je cours et
je cours encore. Ils vont bien finir par arrêter. Ils vont
bien finir par partir ailleurs. Il fallait que je trouve une
façon de les semer. Soudain, je trébuche pour de bon
et je tombe dans l’herbe haute. Je ne me relève pas.
À quoi ça servirait? Je pense à Cameron. Je
m’en fiche de ce qui se passe autour. Ils vont venir et
m’amener en prison. Alors qu’ils le fassent. Tout ce
qui m’importe, c’est Cameron. Il ne va pas aller en
prison lui parce que ce n’est pas de sa faute. C’est
moi qui l’ai entraîné là-dedans.
C’est moi qui devais en payer les conséquences. Pas
lui. C’était beaucoup mieux. Si je continuais à
espérer que tout se passe bien pour lui. J’entendis
des cris. Non Cameron…
- Cameron
vas-t-en!!!!! Hurlais-je à l’intention de
l’homme que
j’aimais.
- Non
Gwen!! Répondit-il d’une voix
désespérée.
- Il faut
que tu t’en sortes Cameron!! Je t’aime! C’est
pour ça que tu dois partir maintenant!!
Cours!
Mais il ne partit pas. Il s’approcha de plus en
plus.
Ceci était une partie de l’extrait
de la vie de Gwen que j’ai mit dans Kidnapping. She is ne se
passe pas 17 ans après la naissance de Cameron mais bien 24
ans après sa naissance. La poursuite de la police
s’est donc déjà passée.
Cameron
J’ouvre la porte et Miranda me saute au
cou.
- Alors
mon chéri? C’était bien ce film avec tes
amis?
J’ouvre la bouche pour dire quelque chose mais je
la referme. Je ne fais que hocher la tête doucement et lui
offrir un sourire hypocrite.
- Je suis
fatigué. Je vais aller me coucher. Finis-je par
déclarer. Je l’embrasse furtivement et je vais dans
notre chambre. Je me coucher sur le lit et je pense. Je pense
à ce qui s’est passé cette
nuit-là.
J’entends des pas. Ça fait maintenant 3
heures que je suis enfermé dans cette prison. Je me
lève pour voir qui arrive. C’est
Gwen.
- Gwen
vas-t-en!!! Ils vont t’avoir aussi! Murmurais-je sur un ton
paniqué.
- Je ne
pars pas sans toi. Murmura-t-elle à son tour. Elle sortit la
clé de la cellule. J’ignorais comment elle
l’avait eu mais cela m’importait peu. Elle a ouvert la
porte et je suis sorti puis on est partis en
courant.
Et maintenant? Je suis marié et je me
« distrais » avec une prostituée et
une tueuse à gage qui est aussi la fille que j’aimais
durant mon adolescence. Gwen. Qu’est-ce qu’on est
devenu? Rien. Des êtres froids et cruels. C’est
tout.
J'espère que ce
début vous a plu!!!! La suite est pour aujourd'hui ou pour
demain!!
Eleora

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